Mourir dans la dignité
Dans le cadre de son congrès de 2008, l’AREQ a adopté une série d’orientations, parmi lesquelles on retrouvait l’engagement d’« ouvrir un débat sur le droit de mourir en toute dignité ».
Ainsi, lors du Conseil national d'octobre 2009, l'AREQ a reçu comme conférencier M. Marcel Mélançon, professeur en bioéthique à l’UQAC. Le professeur Mélançon a fait ressortir que, dans le cadre du débat social ravivé dernièrement, on confond souvent les concepts que sont le suicide assisté, l’euthanasie et les soins palliatifs. L’AREQ a donc réclamé, par voie de communiqué, que le gouvernement apporte un meilleur éclairage sur ces questions délicates afin qu’un débat social constructif et serein puisse se tenir. Le professeur Mélançon a prononcé d'autres conférences à ce sujet devant des membres de l'AREQ. La plus récente version de son exposé est disponible ici.
Puis, au Conseil national tenu en avril 2010, l'AREQ a reçu à titre de conférencier, le Dr Louis Dionne, un cancérologue qui a co-fondé la Maison Michel-Sarrazin et le Réseau québécois des soins palliatifs. La conférence du Dr Dionne a porté sur les soins de fin de vie.
La réflexion se poursuivra au sein des instances de l’AREQ. Entre-temps, le magazine Quoi de neuf a publié un dossier complet sur la question de mourir dans la dignité dans son édition de février-mars 2010. (Pour consulter les références accompagnant ce dossier, veuillez consulter ce document
.)
Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité
En février et mars 2010, l'Assemblée nationale a entendu une vingtaine d'experts (sur des questions médicales, juridiques, éthiques et philosophiques) venus se prononcer sur une éventuelle légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. La Commission a ensuite entendu les associations intéressées ainsi que la population dans le cadre d'une consultation publique itinérante.
Les membres de la Commission en sont actuellement à l'étape de la rédaction de leur rapport. La présidente de la Commission, la député Maryse Gaudreault, en a donné un avant-goût lors d'une conférence donnée au Conseil national d'automne de l'AREQ, le 2 novembre 2011. Son rapport devrait être déposé au début de 2012.
D'ici là, nous vous invitons à consulter le mémoire de l'AREQ déposé devant la Commission en septembre 2010 (le résumé est reproduit ci-dessous).
Mémoire de l'AREQ
Au nom de la dignité, de la liberté et de l’autonomie, des personnes revendiquent le droit de disposer de leur vie envers et contre tout et le droit de choisir le moment et la façon de mourir. Que signifie réellement ce leitmotiv de « mourir dans la dignité »?
Nous sommes inquiets devant ce débat de société sur le droit de mourir dans la dignité alors que presque personne ne semble se préoccuper de toutes ces femmes et tous ces hommes qui n’arrivent même pas à « vivre dans la dignité ».
Le développement fulgurant des sciences et de la médecine, en particulier ces dernières décennies, nous a peut-être laissés rêver d’immortalité. Or, il n’en est rien, nous devrons toutes et tous y passer. Cette utopie alimente probablement ce sentiment d’indignation face à la mort.
L’État québécois doit-il légaliser l’euthanasie? Honnêtement, nous sommes tiraillés par cette question. Des réflexions et des discussions sont encore nécessaires à notre avis pour en arriver à un consensus social sur ces questions. Nous ne sommes pas de celles et ceux qui craignent qu’une loi autorisant l’euthanasie entraîne un jour la tentation d’éliminer carrément les vieilles personnes. Nous craignons toutefois que les personnes aînées se sentent, d’une certaine manière, poussées vers la sortie.
Nous plaçons les soins palliatifs au coeur de notre présent mémoire parce que nous soupçonnons que cette actuelle demande du droit à l’euthanasie soit justement une réponse au manque flagrant de ressources pour offrir des soins de fin de vie adéquats et suffisants. Les intentions sont bonnes, les pistes d’action semblent pertinentes dans l’ensemble, mais les actions ne sont pas encore vraiment visibles sur le terrain et les besoins sont immenses. L’offre des soins de fin de vie est nettement insuffisante, tant dans les établissements du réseau qu’à domicile et dans les ressources spécialisées.
Nous sommes persuadés que la vraie question n’est pas tant de mourir ou non dans la dignité mais de nous assurer de continuer à offrir et à développer de véritables soins de fin de vie en y mettant les ressources nécessaires pour un accompagnement respectueux de la dignité de la personne.
Le mémoire complet de l’AREQ est disponible sous l’onglet « Publications » dans la section « Avis et mémoires ».









